Enseignements spirituels

L'Apocalypse,
marchons vers la vie et ne nous limitons plus au bien ou au mal, notre façon de juger révèle nos limites d'âme, ou de caractère.
En nous la présence du 'oui' originel et chacun de nous peut retrouver ce oui engageant de la vie.

L'Apocalypse nous invite à vivre la proximité de l'instant et à nous ouvrir au sens caché derrière les mots.
Le prophète lit dans l'instant le temps vertical, le kairos, celui qui nous rapproche du sens de la vie.
L'Apocalypse nous encourage à révéler le 'sujet' que nous sommes et révèle le 'sujet' qui nous habite.
Ce n'est pas sans raison que ce livre, dans d'autres langues, est connu sous le nom du livre des révélations.

L'Apocalypse,
c'est aussi l'histoire d'un homme exilé, persécuté par les envahisseurs romains et qui par conséquent écrit d'une façon
imagée, métaphorique et dans une symbolique forte

Ce texte est une interprétation d'un enseignement donné par Jean Yves leloup.
Des livres concernant le sujet et écrits par Jean Yves Leloup sont répertoriés dans la rubrique verticale
'Pour aller plus loin', Bibliographie générale, Jean-Yves Leloup

 

Texte chrétien L'Apocalypse,
ou le livre des révélations.

Christ pantocrator

Christ pantocrator,
monastère Sainte-Catherine du Sinaï, VIe siècle.

Pour tout pèlerin en quête de sens l'Apocalypse est le livre du dévoilement.
Pourquoi l'un appelle-t-il 'bien' ce que l'autre appelle 'mal, et cela dans une même famille, une même communauté, parfois d'un pays à l'autre d'une culture à l'autre. Tous, nous sommes nés pour recevoir la vie, pour avoir la conscience et tous, nous sommes appelés à accueillir la vie, à passer de l'inaccompli vers l'accompli, à nous dévoiler.
Craignons plutôt d'avoir le cœur dur, craignons le repli sur soi ou l'enfermement ; l'enfer n'est pas loin...

Marchons vers la vie et ne nous limitons plus au bien ou au mal, notre façon de juger révèle nos limites d'âme, ou de caractère. En nous la présence du 'oui' originel et chacun de nous peut retrouver ce oui engageant de la vie.
Depuis quand avons-nous perdu confiance, perdu la force de l'amour, à quel moment sommes-nous rentrés dans l'abandon originel, dans le pêché originel ?

  • Dans quel corps vivons-nous ?
  • Un corps en paix assimilé à la Jérusalem ou sommes-nous dans la Babylone, ville de consommation dans laquelle les corps se consument ?
  • Où habitons-nous ? Qui nous habite ?
  • L'Apocalypse nous invite à passer d'une vie subie vers une vie choisie.

La bibliothèque hébraïque commence par la Genèse et se termine par l'Apocalypse. Livre que l'on pourrait appeler la nouvelle genèse, ou livre de l'accouchement du nouvel être, livre de la nouvelle conscience.
Heureux celui qui lit entre les mots, car il connaît le temps.
L'Apocalypse nous invite à vivre la proximité de l'instant et à nous ouvrir au sens caché derrière les mots. Le prophète lit dans l'instant le temps vertical, le kairos, celui qui nous rapproche du sens de la vie.
Et ce sens se laisse dévoiler, moins dans l'enfermement que dans l'ouverture.
Le premier est tourné vers soi-même reléguant l'autre à un 'objet', autre devenu objet de consommation et du toujours plus, plus dans l'exigence, plus dans la possession. Entre les hommes, entre notre masculin et notre féminin, l'incompréhension et la guerre s'installent.
C'est la rencontre avec celui qui divise, le Satan ou le Diabolos.
L'Apocalypse est la voie de l'ouverture. L'Apocalypse exige de trancher, d'être dans le discernement, d'où la symbolique de l'épée : 'dans sa bouche une épée'. Ayons la conscience et choisissons de sortir de l'enfermement pour aller vers la liberté, vers l'infini de la vie.

L'Apocalypse nous encourage à révéler le 'sujet' que nous sommes et révèle le 'sujet' qui nous habite. Ce n'est pas sans raison que ce livre, dans d'autres langues, est connu sous le nom du livre des révélations.

L'Apocalypse est aussi l'histoire de l'exil d'un homme persécuté, Jean l'évangéliste.
Jean est disciple de Jésus à l'époque de l'empereur romain Tibère qui sera suivi du sanguinaire Caligula de 37 à 41 et de l'empereur Claude. Néron règnera de 54 à 68 à l'époque de l'incendie de Rome, il persécute les Chrétiens.
Jean vit cette époque avec grande difficulté et s'interroge sur le royaume de Dieu dont Jésus parlait. Suivirent les empereurs Galba, Oton, Vespassien et Titus, qui fit détruire le temple en 70. En 81 est nommé l'empereur Domitien, celui qui se fit appeler seigneur et dieu et ceux qui ne l'appellent pas ainsi sont tués, nous rapporte Pline qui lui donne les noms de Peste et Catastrophe. Domitien a la manie de la persécution.
Jean fuit Ephèse pour l'île de Patmos.

L'Apocalypse est écrite à cette époque extrêmement troublée sur le plan politique, Jean vit l'échec de la communauté naissante des appelés. Il ne pouvait parler ouvertement, mais ne pouvait s'empêcher d'écrire, et pour rester caché il écrivait sous une forme de métaphore, d'images avec une symbolique forte de façon à n'être compris, dévoilé, que par ceux qui ont le regard intérieur, ceux qui peuvent naître à eux-mêmes.
On pourrait dire qu'il s'agit du livre de l'art de vivre dans la catastrophe.

L'Apocalypse écrit en grec, est rempli d'hébraïsmes. Jean dont la langue maternelle est l'hébreu pense en hébreu mais dicte en grec à son scribe d'origine grecque, Prochore, ceci pouvant expliquer cela.

Toutes ces raisons permettent aussi de comprendre pourquoi le livre est scellé de 7 sceaux. Comment déchiffrer ce livre écrit au-dedans et au-dehors de ceux qui vivent l'absurde.
Y a-t-il un sens à l'absurde ?
Qui a la clé pour desceller ce texte ? Quel est le sens de la vie, qui en ouvrira la porte ?
La vie est un livre, le corps a un code génétique et la lecture du programme de l'un et de l'autre demande patience. Le gland est programmé pour devenir un chêne, mais notre vie... quel en est le programme ?
Jean n'a pas la réponse, et il pleure jusqu'à ce qu'un ancêtre lui souffle la réponse : 'Celui qui a la clé est celui qui s'appelle le Messie', représenté par le lion dans le texte. Au cœur de l'Apocalypse la plénitude de l'instant présent, représentée par l'agneau ou l'innocence de l'amour. 'C'est quand je suis faible, que je suis fort.', parole de saint Paul.
L'agneau c'est le pouvoir de l'amour opposé au dragon qui représente l'amour du pouvoir.

Mais avant de rentrer dans le cœur du texte encore ceci ;

le Satan a une place forte dans l'Apocalypse, mais qui est-il, que signifie le Satan ?
Quels sont les noms que Satan reçoit dans différents livres ;
Satan signifie obstacle en hébreux. Pour chacun de nous une opportunité de se dépasser face à la difficulté.
Diabolos ou le diviseur, un esprit qui aime diviser, créer la zizanie. Les moments diaboliques permettent l'approfondissement de soi, et les moments de frictions empêchent le risque de la fiction ou de l'illusion. Nos différences nous fondent.
L'adversaire est un autre de ses noms, tout comme
L'ennemi, ou encore
L'accusateur ( au chapitre 12 de l'Apocalypse, 'il est vaincu l'accusateur de nos frères..'). Nous avons vaincu lorsque nous arrêtons d'accuser. Accuser l'autre, son frère, sa sœur, la vie, Dieu etc... sans oublier la propension de l'homme à s'accuser lui-même.
L'esprit d'accusation meurt chez celui qui rencontre l'amour.
Le menteur, le Satan déforme les choses, c'est celui qui n'est pas dans la réalité
Le malin, celui qui manipule, qui a la malice perverse.
Dans le livre de Job il est écrit que Satan est le fils de Dieu, il est le tentateur, le testateur, celui qui nous teste, qui nous met à l'épreuve..... Dieu ne se prouve pas, Dieu s'éprouve !
Toute situation est occasion de grandir. Ce n'est pas Dieu qui fait, mais il nous donne l'occasion de nous approfondir – l'agneau reste debout face à l'épreuve.

Confronté à l'épreuve nous sommes tentés par la violence, comment y répondre ?
Est-ce par la voie de la brute, la voie du plus fort (pour 1 mort, j'exige plus de morts, etc....), aussi appelée la loi de la jungle ?
Est-ce par la loi du Talion : œil pour œil, dent pour dent, proposée par Moïse ? Une impasse également.
Est-ce par la lâcheté, l'indifférence –ni chaud, ni froid- je me tire, je ne peux rien faire, je ne veux surtout pas savoir ? Gandhi aimait à répéter qu'entre un lâche et un violent, c'est ce dernier qu'il préférait car à la violence l'on peut répondre par de la conscience.
Jésus propose l'autre joue, ou la voie de la conscience, celle qui permet de réveiller l'autre au nouveau, à la différence sans complaisance par la voie du dialogue, de la diplomatie.
Quant à Françoise Dolto qui disait : « écoutez sans angoisse, les angoisses de l'autre ».

Jean a la révélation de la compassion, ou comment dire non sans haine. L'agneau est vainqueur sans qu'il n'y ait de vaincus, ce n'est pas 'moi' qui transforme la violence, c'est le 'soi' en moi. Car en moi il y a plus grand que moi, il y a l'amour.
Avec du négatif on peut faire du positif, à l'instar du Stabat Mater ou de notre féminin debout et affirmé, l'Être nous propose une 'vulnérabilité invincible' plutôt qu'une force qui s'oppose.
Acceptons notre vulnérabilité, face à notre souffrance ne nous laissons pas emporter, retrouvons notre âme d'enfance, ayons le regard intérieur et soyons dans l'ouverture de la Conscience à une autre vision du monde. Nous ne sommes pas des moutons passifs mais des êtres patients, avec la force de l'humble amour, qui acceptent d'être blessés.

Face à la Chine le Dalaï Lama mène un combat non violent, il répond par la compassion;
prendre sur soi la violence non intégrée de l'autre. Il ne s'agit pas de projeter la violence, il s'agit de l'intégrer.
Discernons l'ennemi, est-ce l'autre ou est-ce l'ennemi en nous ? Ce que nous n'aimons pas chez l'autre est très souvent ce que nous n'aimons pas en nous-même.
Ce qui est, est...
l'agneau resté debout représente la victoire de tous.
L'homme dans une paix intérieure ne connaît pas la peur, ne pratique pas la violence, ce qui ne l'empêche pas de se mettre en colère. Jésus face aux Pharisiens et aux Zélotes ainsi que Moïse pouvaient se mettre en colère – la sainte colère, la colère saine !

Rentrons maintenant dans le cœur de l'Apocalypse, ou sa partie la plus connue.

Jean, comme nous, connaît des périodes de doutes. Dans le plus profond du repli sur lui-même Jean rencontre ses dragons, sa bête et il se réveille à la recherche d'un second souffle, car la fin du monde est plutôt la fin d'un monde. A chaque vision le ciel se ferme, à chaque révélation le ciel s'ouvre et Jean reçoit des images. Le cœur en est l'agneau, il y a les 4 vivants ainsi que les 4 images perverties représentées par les 4 cavaliers.

Que représentent les 4 vivants ?
Le cosmos représenté sous forme d'un tetramorphe, aux 4 coins duquel on pourrait inscrire :
Les 4 lettres du tetragramme sacré – YHWH, les 4 éléments, les 4 directions, les 4 saisons,
les 4 règnes, les 4 races, les 4 formes d'énergies, les 4 évangiles ou les 4 évangélistes.
Ces diverses manifestations des 4 vivants se trouvent dans l'Apocalypse, ainsi que dans le livre d'Ezechiël et c'est à nous d'intégrer ces formes différentes d'équilibre de l'être dans une expression d'amour et de paix, qui rendent hommage à l'agneau, à l'amour de l'Être.
Le cosmos est une complétude sous une forme de quaternités, à travers laquelle la vie se manifeste.
Au centre de la quaternité l'Être divin, le 'Je suis', Dieu ou Jésus, aussi appelé par les Pères du Désert, l'archétype de la synthèse.

Nous pourrions y ajouter les approches plus contemporaines, Jung dans l'exploration du cœur de l'être (raison, intuition, sensation, sentiment) et Ken Wilber avec sa philosophie intégrale (Je-Subjectif, Cela-Objectif, Nous-Intersubjectif, Cela-Interobjectif).
Le poète soufi Rumi (XIIIème siècle) dirait : 'Il révèle le secret du Roi'. Tous, nous sommes à la recherche de cet équilibre, et notre plus grande souffrance c'est l'oubli de l'être, du cœur de l'être.

Les 24 vieillards qui se prosternent font référence aux 12 tribus et aux 12 apôtres.
Jean entend également la colère de l'agneau.
L'adoration est un acte de justice, rappelle Thomas d'Aquin et il est important de rendre à chacun ce qui lui est dû, de rendre à Dieu ce qui lui revient et pour Jean la relation à la Source n'existe plus, il s'en suivra donc des catastrophes : après la lumière les ténèbres, après la santé les maladies, sans air les villes se meurent, sans oxygène les océans se vident. L'homme n'étant plus centré aura à assurer les conséquences de ses actes (une loi ontologique, celle des causes et des effets).
Et l'amour ne peut rien forcer, l'amour ne peut forcer à aimer – dans le Cantique des cantiques il est écrit 'que l'heure du désir de l'autre soit respecté'.
Jusqu'à quand le massacre des innocents, les cataclysmes, la matière détournée et devenue objet de l'homme ou est-ce l'homme devenu objet de la nature... ? Voilà ce que Jean décrit sous la représentation des 4 cavaliers.

Le dragon est représenté par 4 cavaliers qui eux-mêmes représentent la perversion de 4 facultés humaines : l'intelligence dévoyée vers la prise de pouvoir, la sexualité transformant l'autre en objet de consommation, la possession matérielle épuisant la Terre et la perversion de la raison. Ces fonctions perverties sont représentées par la prostituée, par l'enfant de la prostituée devenant une bête car nous devenons esclave de la bête que nous créons (nos techniques...), et la ville de la bête, Babylone lieu de pouvoir, cité des esclaves.....

Quatre cavaliers

Gravure d'Albrecht Dürer représentant
les Quatre cavaliers

Les quatre cavaliers règnent sur Babylone, vont-ils entraîner le monde dans leur perte ?
Qui pourra y échapper ?
Thème de la colère, l'agneau n'accepte pas ce qui se passe, et pose la question : qu'avons-nous fait ? Rien en soi n'est mauvais, mais l'énergie non transformée nous détruit.
Le premier cavalier, le cavalier blanchâtre porte une couronne, signe de pouvoir et de domination. Seul ce qui vient du cœur est authentique, ce qui éblouit ne sert pas. L'intelligence supérieure donnée à l'homme lui permet d'être au service du don de vie, l'intelligence perverse de l'homme manipule et cherche la domination au nom de l'amour, mais il s'agit d'un amour de domination. La volonté de dominer va entraîner l'arrivée du cavalier rougeâtre, celui qui annonce les guerres, les conflits liés aux amours possessifs, aux passions dévorantes, ce cavalier accumule les liens qui aliènent et nous entraînent vers la famine, représentée par le cavalier noirâtre. Celui-ci porte une balance annonçant le manque, l'épuisement de la terre à force de consommer. Besoin de posséder la compensation d'un manque, de l'oubli et qui entraîne la perversion de nos qualités de vie. Le dragon ne sait ni donner ni recevoir, après les guerres, les famines nous sommes touchés par la décomposition. Et apparaît le cavalier verdâtre représentant la perversion de la parole, de la raison.

Les cavaliers pourraient détruire un quart de la terre, mais les trompettes nous avertissent et l'agneau a de la lucidité, il a de la vision. Rappelons-nous que Dieu demande au Satan de Job de ne pas détruire l'âme de celui-ci, afin de lui laisser une opportunité de prise de conscience.

Ce qui arrive n'est que la conséquence de nos actes, faut-il tout subir pour autant ?
Si le pouvoir aliène, nous gardons en conscience le choix de notre liberté.
Pensons-nous encore par nous-mêmes ou est-ce le système qui pense pour nous ?
Comment sortir de ce jamais assez, de cet enchaînement de volonté de puissance, d'affirmation de soi sur l'autre.
Comment se sentir fort, alors que l'on est faible.. ?
Laissons la lumière jaillir en nous et éloignons-nous du dragon dont le feu dévore.
Nous qui vivons trop occupés découvrons la grâce du silence et délivrons-nous de l'idolâtrie (du travail ou de n'importe quel esclavage...) pour connaître la liberté.
Nul ne peut avoir ma liberté, car elle est faite pour l'infini.
Et Jean d'écrire : « ...le monde ancien a disparu, je fais toute chose nouvelle... », c'est-à-dire que nous pouvons regarder les mêmes choses avec un regard neuf, dans la clarté, dans la transparence et dans la conscience qu'il peut y avoir une fin aux projections, aux illusions.
Toutes choses, tous les êtres sont interconnectés, sont reliés. La présence de l'Être en nous.

Le Dalaï Lama dira que c'est l'état du Nirvana, ce qui veut dire que l'on voit toutes choses, telles qu'elles sont, chacune reliée à sa source et à sa fin.

La fondation de l'être ou de l'humanité est décrite dans l'Apocalypse sous forme de 12 portes ayant le nom de 12 pierres semi-précieuses représentant les remparts de la nouvelle Jérusalem, 144 coudées construites sur 12 assises.
Quelle sera la signification, la symbolique de ces pierres, quelle est l'expérience cachée derrière chaque pierre.
Les 4 premières pierres : la phase d'apprentissage - prendre soin de soi.
Les 4 pierres suivantes : la phase de travail sur la relation - prendre soin de l'autre.
Les 4 dernières pierres : la phase précieuse, la transformation du cœur - prendre soin de l'Autre, ou de l'Être.

Chaque pierre est une façon d'aimer, une façon d'être, une façon de se reconstruire ;

  • Le Jaspe 1ère pierre, celle de la connaissance de nos limites, la connaissance de soi.
  • Le Saphir 2ème pierre, celle de l'acceptation de soi. Vivre en société c'est d'abord s'accepter tel qu'on est. Il est difficile d'accepter l'autre, si l'on ne se connaît pas soi-même.
    S'accepter dans sa grandeur, dans sa liberté pour ne pas s'effondrer dans son image narcissique, que l'on prend pour soi, à travers le regard de l'autre.
    Quel effet aura sur nous un compliment, une calomnie....nous connaissons-nous ??
  • La Calcédoine 3ème pierre, celle qui représente la confiance en soi, la confiance en la vie, la connaissance de nos limites. Faire confiance en l'Être qui m'habite.
  • L'Emeraude 4ème pierre, celle du détachement de soi, celle qui permet d'entrer en relation. 'Pouvoir aimer, comme l'émeraude est verte', dira Simone Weil.
  • La Sardoine 5ème pierre, celle de la reconnaissance de l'autre dans son altérité, dans sa différence. 2 êtres différents, complémentaires, qui chacun se connaissent peuvent faire plus qu'un – je suis moi, tu es toi et l'alliance est possible.
  • La Cornalyne 6ème pierre, celle du respect de l'autre, du droit à la différence.
    On s'aime bien, mais on se marche sur les pieds.... 'S'aimer c'est se donner de l'espace', disait saint Augustin.
  • La Chrysolyte 7ème pierre, celle de la confiance en l'autre. Le paradis perdu c'est la confiance perdue, la confiance en l'autre est une lucidité à avoir.
    Reconnaître ce dont l'autre est capable et reconnaître ses limites sans confondre nos propres limites... Faire confiance c'est faire grandir, c'est aussi ce qui fonde l'enfant.
    Le manque de confiance en soi, abîme l'autre.
  • Le Beryl 8ème pierre, celle de l'amour fidélité. Une cité nouvelle ne peut se construire que dans le temps. Fidèle dans le temps, fidèle à des engagements, fidèle à la vérité et à la réalité (les raisons pour lesquelles on s'est mariés ne sont peut-être pas les raisons pour lesquelles on reste ensemble).
    Ne pas se mentir, et si on peut se tromper on ne peut pas se mentir.
    Reconnaître d'autres qualités de l'amour – il y a des jours chauds et des jours froids. Avoir conscience qu'aimer l'autre n'est pas pareil que se sentir aimé par l'autre....
  • La Topaze 9ème pierre, celle de la reconnaissance de l'Autre. Reconnaissance de l'Alpha et de l'Oméga, d'où est-ce que je viens, où est-ce que je vais ? Quelle est la Conscience qui nous entoure ? Question de connaissance, question d'intelligence....
  • La Chrysoprase 10ème pierre, celle de l'amour adoration. Je reconnais l'Être, je respecte l'Être qui fait être toute chose. La vie nous est donnée, je rends grâce et dis merci à la vie. Tu es en tout ce qui est, Tu as tous les noms et aucun ne peut Te nommer.
    Cette pierre est celle de l'ouverture à l'Autre. L'adoration est un acte de justice, il s'agit de reconnaître l'Être essentiel, de donner du temps à la vacance.
  • L'Hyacinthe 11ème pierre, celle de l'amour abandon.
    Quelque chose m'échappe, un sens m'échappe, mais je fais pleinement confiance. Je m'abandonne
  • L'Améthyste 12ème pierre, moi et Lui ne font qu'Un. Dieu et Jésus sont Un

Jean voit les choses venant d'en haut et commence par la contemplation. Pour certains cela commence par le bas, la présence en moi me conduit vers l'Autre.
Ayons la conscience créatrice, que le meilleur de nous puisse s'exprimer.

Les derniers mots de l'Apocalypse : 'Voici, je viens'.
Ce qui doit arriver, arrivera, les circonstances ne dépendent pas que de nous, l'action importe plus que le résultat de l'action, dont on n'est pas toujours maître.

L'Homme est condamné à interpréter, et à la liberté de donner du sens à sa vie. Il n'y a pas une attitude juste mais une attitude ajustée, ce qui est bien pour l'un ne l'est pas pour l'autre. La vie est créatrice, elle ne se répète pas.
Seule la bêtise se répète...

Viens.....le fond de l'être c'est la relation
dans la vie c'est trop souvent moi, sans toi ou je, sans tu, d'où le manque
Viens, dans la Relation.

Jacques 2009

 

 

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DIVERSITY – UNIQUENESS - UNITY

John Martin Sahajananda
“Blessed are the pure in heart for they shall see God (Truth)”, said Jesus. Purity of heart and mind are essential conditions for those who are on the path of Truth. We all believe that there can be only one God or one Source. We all come from that one Source and we all return to that one Source. All the great sages or masters drink from the same Source and bring water form the same Source. They all speak form that same Foundation. All religions come from the same Source. Different religions give different names to it and describe it in a unique way. Each great sage has a unique understanding of that Source and unique expression of that Source. It appears as if they are different from each other and these differences cannot be reconciled. So far religions have lived apart, each one enclosing in its own boundary and often trying to expand into other boundaries and thus becoming the source of conflict and violence. Today, thanks be to God, we are in a world of inter-religious dialogue where serious efforts are being made to reconcile religions. Though these efforts have not yet produced concrete results yet it is an admirable call.
In this article an attempt is made to show the common spiritual journey in three religions: Hinduism, Buddhism and Christianity. It wants to show that: 1. the starting conditions of each of these spiritual traditions are different. 2. Each of these spiritual traditions had unique experience of that Source 3. At the Source of each of these three spiritual traditions they is an essential unity. It does not try an elaborative scientific explanation but an intuitive synthetic presentation, which calls an elaborative study. Though these three religions are different from each other yet we can see common elements in them. Today I divide religious traditions into two categories: Wisdom Tradition and Prophetic Tradition. Religions like Hinduism, Buddhism, Jainism and Taoism belong to Wisdom tradition and religions like Judaism, Zoroastrianism, Christianity, Islam and Bahai belong to Prophetic Tradition. Each tradition has its unique approach to the Truth. This division helps us to understand the uniqueness of each spiritual tradition and also the differences between the spiritual traditions. The future of humanity depends on the marriage these two traditions.

THE UPANISHAD SAGES AND HINDUISM
I would like to take the teaching of Mandukya Upanishad and Chandogya Upanishad of Hinduism in order to present the common spiritual growth in the above said three religions. (Each Upanishad has a unique approach to the Truth even though the essential Truth of all Upanishads is the same: the identity of Atman with Brahman). These two Upanishads present the nature of truth or reality in four levels of consciousness. The first level is called waking consciousness, the second level is called dreaming consciousness, the third level is called deep sleep consciousness and the fourth can be described as awakened consciousness. The first three levels have both physical and spiritual aspects.

1. the Waking consciousness, physically, means to be in a state of physical wakefulness. It is the state of consciousness from the time we get up from bed and to the time we go to sleep. Here our senses are awake. As a way of living, waking consciousness means a state of life in which we identify with our physical body and live to satisfy only our physical desires and ambitions. Everything that we do is motivated to satisfy the needs of our body and the senses. We can say that in waking consciousness our senses are awake and indulge in their satisfaction. Here our identity is with the body: I am my body. We can describe this level as individual mind or consciousness.

2. the Dreaming consciousness, physically, means the time when we go to bed and enter into a state of dreams and to the time when the dreams come to an end. Spiritually it means living our life according to dreams, ideals. In this consciousness we have ideals to follow and ideal persons to imitate. In general these ideals and ideal persons are taken from the past. We are inspired by the great personalities and their ideals and wish to imitate them. We place our body and senses under the guidance of these ideals and ideal persons. Here the past enters into the present and goes to the future. The present is just a vehicle for the past to go to the future. The present does not have its own life but allows the past to live in and through it. Here the present is at the service of the past even though some changes can be made now and then as reformation. The present is not free. The present receives its identity from the past. All the religious ideals belong to the dreaming consciousness. Here our identity would be: I am a Hindu, I am a Buddhist, I am a Jew, I am a Christian, I am a Muslim, I am Bahai, etc. We can call this consciousness as collective mind or collective consciousness. This collective consciousness unites us with some and divides us with the others. This consciousness has a boundary to protect and also a possible mission to expand. Here a person's life is guided by the moral code of that particular religion.

3. the deep sleep consciousness, physically, means a dreamless sleep state. It is a state from the time when the dreams stop to the time when the dreams begin. Spiritually it means a state in which the dreams come to an end, dreams in the sense of ideals and ideal persons. It means the past comes to an end. When the past comes to an end the future also comes to an end, as the future is nothing but the continuity of the past. In this freedom from the past and the future, the present becomes original and creative. It connects itself to the eternal present and manifests eternity in the present. Here one's identity is not with the body or with the ideals but with the eternity. A person will say: I am (not divine I AM). We can describe this level as Universal Mind or Consciousness. Universal consciousness is that in which a person is identifies with all and lives for all. In this consciousness there are no ideological boundaries. This 'I am' transcends all the boundaries. It has no boundary to protect and so no mission to expand. It invites people to transcend the collective consciousness and enter into universal consciousness. It is all embracing consciousness. In this consciousness a person is not guided by the external moral code but inner realization. Whatever this person does to the others he or she does to himself or herself.

4. The Awakened Consciousness is a consciousness where a person realizes being one with the Brahman or Atman or God. A person declares: I am Brahman (aham brahma asmi). We can call this level as the unitary consciousness or Non-dual consciousness (advaita). Here one's identity is: I AM (I AM WHO I AM of the Bible). This I AM is Real and Eternal and the other three are described as Unreal or non -eternal. Our call is to go from the Unreal to the Real. We have the famous prayer in the Upanishads, which says: Lead me from the unreal to the Real,
from darkness to Light
from death to Eternal Life.


According these two Upanishads a person begins with the first level of consciousness and then slowly has to move into the fourth level of consciousness. It is a long journey. In Chandogya Upanishad, Prajapathi, the spiritual teacher or guru, guides his disciple Indra to realize this truth. For Indra it takes total years of 101. The first stage 32 years, the second stage 32 years, the third stage 32 years and the fourth 5 years. It is a symbolic number to show that the journey is hard and long. One needs to have strong determination, dedication, self- enquiry and devotion to the master and to the truth. One should not settle down on the way like Virochana, who was satisfied with the first stage. Hence everyone has four bodies: the physical, the ideological, the universal and the unitary. Sacred scriptures belong to the second level. A person who moves into the universal consciousness is greater than the scriptures. Mundaka Upanishad speaks of two types of wisdom; Paravidhya (higher wisdom) and Aparavidhya (lower wisdom). Paravidhya is the direct experience of Truth and Aparavidhya is indirect understanding of the Truth. Even the four Vedas (the revealed truth) belongs to the lower wisdom. Paravidhya is non-dualistic experience (advaita) and aparavidhya is dualistic experience. We begin with aparavidhya and move into paravidhya. The Upanishad sages were universal spirits. They cannot be put into any label like Hinduism. Hinduism is a system of beliefs. But the sages were beyond beliefs.

BUDDHA AND BUDDHISM: I take the analogy of the four levels of consciousness of the Upanishads and interpret the spiritual journey of Buddha and different bodies of Buddha in Buddhism. Hinduism and Buddhism are like sister religions. There are some concepts like Karma, Reincarnation, Dharma, Sannyasa, which are common to both Hinduism and Buddhism. Buddha rejected the over intellectualism of the Upanishads, the violent animal sacrifices of Vedic rituals, the social caste system which gave dominant place to the Brahmin caste. He opened the possibility of spiritual life to every one including women. He rejected the authority of the Vedas and rejected the division of life into four stages like brahmacharya (spiritual student) grhasta (family life), vanaprasta (hermetical life) and sannyasa (wandering life). He advocated immediate renunciation to everyone who is ready to renounce the world at any time. But they are also many similarities between them. We can see four important stages in the life of Buddha.

1. Siddhartha, the man: Buddha began his life as Siddhartha. Siddhartha was the son of a local king. Siddhartha was the individual consciousness of Buddha. It was his waking consciousness. He tried to find fulfillment in his physical desires and ambitions. But he was not satisfied. He felt something was missing. He left his wife, his son, his parents and his kingdom and went on in search of freedom.

2. Siddhartha, the seeker: After leaving his wife, child and home Siddhartha became a seeker. He tried to follow different types of spiritual path, which existed at that time to find what he was looking for: inner freedom and peace. We can say that he was living in the dreaming consciousness, pursuing ideals and ideal persons. He was not yet original as he was imitating others. But he was disillusioned by these practices, which brought him even to the point of physical death. We can call this as the dreaming consciousness of Buddha.

3. Siddhartha becomes Buddha, the awakened: Disappointed with his practices he sat under the Bodhi tree in deep meditation, which opened him to the universal mind or consciousness. He moved beyond the past and the future. He moved into eternity and tasted the timeless reality. From that eternity he saw the passing moment of time, which is the product of desire. He achieved freedom, nirvana. He became awakened, the Buddha. This universal consciousness was before Siddhartha. Buddhism says that Siddhartha was not the first one to realize this truth. Before him there were many others who realized it. Siddhartha was not the only Buddha he is one of the Buddhas. In this level Siddhartha entered into the Deep Sleep Consciousness and became an original person who proposed his own original way to the Truth. He did not repeat some one's discovery or truth. He became an original teacher and spoke from his own inner authority.

4. Siddhartha established in Wisdom, Buddhi: Siddhartha was not only awakened (Buddha) but he was also established permanently in that awakened consciousness. He was ever wakeful. He was in the permanent state of unity. This experience of Buddha we can call as unitary consciousness or non-dual consciousness or advaita.
So we have Siddhartha the man, individual consciousness, Siddhartha the ideal pursuer, the collective consciousness and Siddhartha, the Buddha, the awakened, deep sleep consciousness and Siddhartha, the Buddha established in wisdom, unitary consciousness.

Buddhism speaks of three bodies (Kayas) of Buddha: the Nirmana Kaya (physical), the Sambogya Kaya (universal) and Dhamma Kaya or Dharma Kaya (the Ground). We can also add one more body, which is the body of his teachings. We can call it dhamma kaya, with small'd'. Hence Buddha has four bodies or four levels of consciousness.

1. Nirmana Kaya is the physical body of Buddha, Siddhartha. But Buddha's body also extends to the whole physical universe. The whole universe is the physical body of Buddha.

2. dhamma kaya is the teachings of Buddha. It is the spoken words of Buddha and recorded in the history. It becomes the source and authority to Buddhism.

3. Sambogya Kaya is the universal body of Buddha. It is beyond time and space. It is the universal consciousness of Buddha. Universal consciousness is the bridge between Dhamma Kaya and the dhamma Kaya and Nirmana Kaya. Samboghya Kaya is not limited by the teachings. It is the Word from which all the words or teachings come. This Word cannot be put into words. The Word is like the infinite space and the words (teachings) are the space with the four walls.

4. Dhamma Kaya is the eternal aspect of Buddha. It is greater than Samboghya Kaya. Dhamma Kaya is like the hub of a wheel. It is the foundation of all the bodies. It holds all the other bodies and transcends them. We can call this as unitary consciousness or the non-dualistic consciousness.

If we take the symbol of a tree, the leaves represent Nirmana Kaya, the branches represent dhamma Kaya, the trunk represents Sambogya Kaya and the roots represent Dhamma Kaya. There is only one tree but manifesting in four levels.
Dhamma kaya (the branch) is greater than Nirmana Kaya (Siddhartha, the leaf) as it lives longer than physical Siddhartha. Samboghya Kaya (the trunk) is greater than dhamma kaya as it supports the teachings (branches) but is not conditioned by it. Samboghya Kaya can modify the expressions of dhamma kaya. Dhamma Kaya (the roots) is greater than Samboghya Kaya as Samboghya Kaya is manifested body and Dhamma Kaya is unmanifested body. Hence Buddha cannot be limited to his physical body and to his teachings. He is not confined to his teachings. He is greater than his teachings and he has power even to change it. The primary mission of Buddha was to invite people to grow into Dhamma Kaya not just to establish dhamma kaya (a body of teachings). The body of his teachings is like a boat that one uses to go beyond river of samsara into nirvana.


CHIRST AND CHRISIANITY:
We can also see four important stages in the spiritual journey of Jesus.

1. Jesus, the Man. The first stage of Jesus was his physical birth and physical identity. He was a man. As a physical body he had an individual consciousness of his own. This was his waking consciousness.

2. Jesus, the Jew: After his circumcision Jesus became part of Jewish collective consciousness. He was not only a man physically but also a Jew. As a Jew he was united with all the Jews but separated from the non-Jews, the so-called Gentiles. As a Jew he had the Law, the Torah as his ideal and great personalities of his tradition like, Abraham, Isaac, Jacob and Moses as his ideals and he might have tried to imitate them. Jewish belief structure was his dreaming consciousness. In this stage Jesus was not original as he was still belonged to his spiritual tradition and gave continuity to it. Here he was guided by the moral code of his religion. But he began to realize the limitations of his religion. He was not satisfied. That brought him to the third important moment of his life: his baptism.

3. Jesus the Christ, the Son of God: At the moment of his baptism Jesus moved away from the collective consciousness of Judaism and entered into the Universal mind or consciousness. He realized himself as the Son of God, which can be understood as the universal consciousness and experienced the New Covenant, the Law within or Truth within. Here his identity was just “I am”, which was freedom from the past and the future. He went beyond the Torah and said: “It is written in you Law but I say unto you”. He became free and original. He proposed his own way and the Truth. He became an authority based on his experience. We can say that at the moment of his baptism Jesus came out of his dreaming consciousness (Judaism) and entered into the Deep Sleep Consciousness. Here he could say: I am the way, the truth and the life. The Son of God is the bridge between God and the people.

4. Jesus Christ identical with God: Jesus moved one step higher and realized himself as being identical with God: I and the Father are one, he declared. He established himself in that eternal identity with God. This was his fourth level of consciousness.

We can also say that Jesus has four bodies. The first one is Jesus of Nazareth, the physical body (Nirmana Kaya or waking consciousness). It appeared two thousand years ago and ended after thirty-three years of his earthly life. The second one is his teachings (dhamma kaya or dreaming consciousness), which are two thousand years old and continue to guide a large section of humanity today and the third is his universal body (samboghya kaya, the risen Christ), which is not confined to time and space but present everywhere. This universal body was before his physical body and teachings. The final, the fourth one, is his unity with the Father, God, and (Dhamma Kaya). St.John says: “In the beginning was the Word, the Word was with God and the Word was God. The Word became flesh and dwelt among the people.” God manifested everything in and through that Word. Jesus' teachings are higher than his physical body as they lost longer than his physical body. His universal body (Word) is higher than his teachings as we cannot reduce the Word into words, to his teachings.
The Son of God is not identical with his teachings. He can even change his teachings according to the situation in which he gives his teachings. His divine identity is higher than his universal body because the universal body still belongs to the level of manifestation. The Word was God. His divine identity is foundation of all the other three levels like the hub of spokes. Jesus came from God and returned to God. In Christianity we say that Jesus is hundred percent divine and hundred percent human. He is hundred percent human in the lower three levels and he is hundred percent divine in the fourth level. This applies to the Upanishad sages and Buddha. The Upanishad sages were hundred percent divine in the fourth level of consciousness so that they were able to say: aham brahma asmi- I am Brahman. But they were also hundred percent human in the lower three levels so that they would pray to lead them from the unreal to the real. The same applies to Buddha. He was hundred percent divine in his Dhamma Kaya and he was hundred percent human in the lower three bodies.

Individual Sages and Universal Mind: We need to distinguish between the individual sages of the Upanishads and the Universal mind. The individual sages, as physical bodies, are not identical with the universal consciousness. The universal consciousness was there before the individual sages. It manifests through them but it does not exhaust in them. It is for this reason that the same truth is communicated through each sage in a unique way. Each Upanishad explains the same truth in its unique way. No sage has the lost word on it. Interestingly the Hindu Tradition does not give much importance to the physical bodies of these sages. There is not much worship and veneration of the Upanishad Sages. The emphasis is on their teachings and on the eternal-Brahman and Atman. The uniqueness of the Upanishad sages was their focus on the

Siddhartha and Buddha: we also need to make a distinction between Siddhartha and Buddha. They are not identical. Buddha consciousness is before Siddhartha. Buddha manifested in Siddhartha but does not exhaust in Siddhartha. Siddhartha has entered into the consciousness of Buddha but Buddha is greater than Siddhartha. There were many persons who were awakened to Buddha consciousness before Siddhartha. Siddhartha was not the only Buddha but one of the Buddhas. Even though in Buddhism the emphasis on finding Nirvana, there is also much veneration and worship to physical form of Buddha.

Jesus and Christ: The same principle applies to Jesus also. We need to make a subtle distinction between Jesus and Christ. Jesus, as a physical body, is not identical with Christ, the universal consciousness. Christ Consciousness was there before Jesus. Christ Consciousness manifested in Jesus but it does not exhaust in Jesus. Jesus, as a physical body, has the beginning and the end but Christ as the universal consciousness has no beginning and end. Jesus, as a body, is one leaf on the tree. Christ is the trunk. The leaf has entered into the consciousness of the trunk but it is not identical with it. There are also so many other leaves the trunk has. But it seems that in Judaism this experience has no precedence. No one had this experience before Jesus. He was the first one to claim this experience and for that reason he was in difficulty with the spiritual authorities of his tradition. He was accused of blasphemy and met a violent death.
Diversity, Uniqueness and Unity
In the first level of consciousness, which is the physical level, the Upanishad Sages, Siddhartha and Jesus are different. It seems that the search of the Upanishad sages began during the period where belief in the efficacy of Vedic rituals was declining and there was economic prosperity in which people had time and leisure to ask fundamental questions of life. They focused on the eternal, the Real. The answer they found was Atman and Brahman. They kept their discovery as a secret and communicated only to those whom they thought were worthy for it. They were not missionaries. We know that Siddhartha was born in the royal family. He was born 500 years before Christ. He had his own personal questions. He was not happy with the Vedic sacrifices. He was dissatisfied with the extreme intellectualism of the Vedic Sages. He was not happy with the caste system and division of life into different stages. He renounced his wife, son and the kingdom and went in search of freedom. After his enlightenment he became an itinerant missionary who dedicated his life to help sentient beings to find freedom from samsara. He died in a good old age. Jesus was born in Palestine, which was under Roman occupation. He was born to a carpenter family. His people were looking for a Messiah who would liberate them from Roman oppression. After his enlightenment he began to preach his message of the kingdom of God. His teaching became controversial. He was accused of blasphemy and met a violent death in the prime of his life. Before his death he entrusted his mission to his disciples, who propagated his message.
The starting conditions of the Upanishad sages, Siddhartha and Jesus were different but the essence of their discovery seems to be identical though the manifestation and emphasis are different. In the third level of consciousness, which is universal consciousness, the Upanishad Sages, Buddha and Christ are essentially one. The universal consciousness is like the Trunk. There is only one Trunk. In the second level of consciousness, which is dreaming consciousness, they are all unique. Their backgrounds are unique and their manifestations are unique. The Upanishad Sages manifested their discovery in a unique way, Buddha manifested his discovery in a unique way and Jesus manifested his discovery in a unique way. Though they discovered the same Source their emphasis and manifestations are different. The way we encounter the Universal consciousness depends on the questions with which we make our journey.
The Upanishad Sages were preoccupied with the Eternal: “What is that by finding which we find everything and what is that by knowing which we know everything” was their question. The answer they found was Brahman and Atman. “What is the source of suffering and how to be free from suffering” was the question of Buddha. The answer he found was freedom from Desire. “How to establish a just society where there will be love, freedom and equality” might have been the question of Jesus. The answer he found was the kingdom of God, the radical love of God and the radical love of neighbour. In the fourth level of consciousness, which is the unitary consciousness, the Upanishad Sages, Buddha and Christ are all essentially one. There is no essential difference. The unity at the fourth level is not based on concepts, which is artificial and which will be gone once a person changes his concepts. There the unity is essential.
Inter-religious Dialogue: In the inter-religious Dialogue our focus is on the teaching body of the Upanishad Sages, Buddha and Christ. This belongs to the second level of consciousness. It is not possible to arrive at a consensus at that level. We tend to imprison the Sages, Buddha and Christ in their teachings. We are looking at the trunk and the roots with the eyes of a leaf and a branch. We need to have a radical change in our perspective. We need to move away from their teaching body into their universal body and the unitary body. We need to look at the leaf, at the branch and at the trunk from the roots, only then we see the uniqueness of each branch and leaf and also their limitations. It helps us to find creative answers to the questions that we are asking today. It means we need to liberate the Upanishad Sages from their teachings, we need to liberate Buddha from his teachings and we need to liberate Christ from his teachings. The Upanishad Sages are not identical with Hinduism. Buddha is not identical with Buddhism and Christ is not identical with Christianity. The Universal Mind is one. It has manifested in a unique way in the Upanishad Sages, it has manifested in a unique way in Siddhartha and it has manifested in a unique way in Jesus. It is the same Universal Mind that has been enlightening them and manifesting in them. But its manifestation has not exhausted. It will manifest itself in a unique way for our times. For this we need to make our journey with our own specific questions. We cannot begin with old questions and old answers. It would be mechanical. It will block the creativity of the Source. It will make the Creative Source mechanical. We need to ask original questions. Original questions will bring original answers from the Source. That was what the Upanishad Sages, Siddhartha and Jesus did. For this we need to have a pure mind and pure heart; a mind and heart that are willing to free themselves from the conditionings and become a virgin so that they can give birth to the original and creative truth. “Blessed are the pure of heart for they shall see God (Truth)”.

John Martin Sahajananda

 

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Qu'est-ce que je serais heureux si j'étais heureux', parole de Woody Allen.
Et ce serait quoi, pour nous, d'être heureux ?

Le bien, le beau ou le vrai sont la voie de l'accomplissement de la nature, de la vie.
Certains cherchent le mal, ou le péché originel (ils sont alors en dehors de leur axe), d'autres cherchent la grâce originelle. Certains cherchent à 'avoir plus', à vivre superficiellement, d'autres cherchent à 'être plus', et c'est bien cela que le Christ
annonce : 'Je suis venu pour donner la vie, la vie en abondance'.

Nous pouvons choisir d'être le bienheureux et 'bien dire', bénir la vie plutôt que de médire, 'mal dire' et être malheureux.

L'amour est dans le cœur qui aime, mais n'est pas dans le cœur qui a soif, exerce-toi à aimer qui tu es, adhère à la réalité qui est, c'est la leçon à retenir des Dix Commandements.
Dieu n'est pas la réponse à nos questions mais il nous questionne sur nos réponses.

Ce texte est un condensé, une interprétation, d'un enseignement de Jean Yves Leloup:
'Le Bienheureux ou la voie des Béatitudes'.

 

Le chemin du bienheureux, vers les Béatitudes,

Vivre une vie bienheureuse c'est d'abord reconnaître la vie bienheureuse, l'éprouver, car seul le semblable se connaît.
'Qu'est-ce que je serais heureux si j'étais heureux', parole de Woody Allen.

Et ce serait quoi, pour nous, d'être heureux ?
Il nous est donné d'être en relation avec la source de vie et nous sommes libres de ne pas nous le reconnaître et d'être malheureux, c'est un choix de vie. En lui, l'être humain a la quête du bonheur ; 'même celui qui va se pendre cherche le bonheur car il cherche moins de malheur' disait Pascal, et les Anciens rappelaient : 'Le bonheur c'est le souverain bien'.
Le bien, le beau ou le vrai sont la voie de l'accomplissement de la nature, de la vie. Certains cherchent le mal, ou le péché originel (ils sont alors en dehors de leur axe), d'autres cherchent la grâce originelle. Certains cherchent à 'avoir plus', à vivre superficiellement, d'autres cherchent à 'être plus', et c'est bien cela que le Christ annonce : 'Je suis venu pour donner la vie, la vie en abondance'.

Mais qu'est-ce que c'est qu'être heureux alors que l'angoisse remplit tout ?
St Paul disait : 'Je surabonde de joie, au milieu de mes tribulations'..., quelque part en nous la paix veille, le silence est présent derrière le bruit, la clarté de la compassion nous habite. Il y a en nous quelque chose de plus que nous-même.
Reconnaissons l'infini ou l'absolu à travers le fini, à travers ce qui nous entoure car toute chose visible dans le jour ne l'est que parce qu'il y a le jour, cette lumière infinie.
L'homme aurait-il oublié ?
Le Christianisme invite à tout transformer à travers les Béatitudes, l'Hindouisme propose la moshka, ou libération et le Bouddha est appelé le Bienheureux. Dans les diverses traditions la présence est là, mais moi où suis-je ? Suis-je présent ?

Pour certains il n'y a que deux temps : le présent et l'absent, et 'Je suis' est dans le présent. La vie, et nous sommes en vie, est ce qu'elle est, elle n'est peut-être pas toujours drôle mais c'est ainsi. Surtout, ayons conscience nous pouvons transformer notre regard sur la vie. Nous pouvons choisir d'être le bienheureux et 'bien dire', bénir la vie plutôt que de médire, 'mal dire' et être malheureux. A nous de nous transformer tout en acceptant les limites dans lesquelles nous sommes. Soyons indulgents et légers dans ces limites qui sont les nôtres et acceptons-nous tels que nous sommes à notre propre égard et par égard aux autres.

Ce que nous cherchons nous le sommes déjà.
En nous la présence des trois 'C' : le calme, la compassion, la clarté. Ayons confiance en cette clarté, en ce plus simple présent en nous, en cette vie que l'on ne peut nous enlever car c'est la vie que nous sommes. Ne cherchons pas à avoir la vie, mais à être la vie et respectons ce que nous sommes.
Regardons nos besoins : ils sont d'ordre vital (sécurité et santé, y compris alimentaire), d'ordre affectif, besoin de reconnaissance –ou d'être aimé-, besoin de naissance (aux autres ou à soi-même !), besoin de connaissance et donc un besoin de sens, de vérité (d'une vérité !!) et puis besoin de liberté.
La société offre-t-elle la réponse à ces différents besoins ? Ces besoins ont-ils leur réponse en nous ? Comment être la vie plutôt que de chercher à avoir la vie ? La vie que nous sommes nous la vivons à travers la vie que nous avons.
Comment alors y introduire la conscience, l'amour ?
Comprenons que l'état du cerveau dépend d'un état de conscience, et cet état de conscience transforme le cerveau. Le cerveau par contre ne peut pas se penser lui-même, il dépend d'une conscience, d'une conscience première, la conscience pure.
'Comment attirer l'amour, et éviter de tomber amoureux' se posait comme question Ovide, car tant que l'être cherche à être aimé il n'en aura jamais assez... le moi ou l'ego demande toujours plus. Donc trouvons la source de l'amour plutôt que de rester dans l'amour inassouvi.

En étant proche de la source, de la conscience pure, on devient 'don' et ce n'est plus le moi qui aime, c'est l'amour en moi qui aime. Cet amour qui rend libre et qui permet d'aimer ceux qui ne nous aiment pas. Que manque-t-il à l'être pour aimer sauf à arrêter de demander à l'autre de l'aimer ? Ou est-ce la source qui manque ?

L'ignorance n'est pas un manque de savoir, car il y a un trop de savoir et l'important n'est pas de savoir mais de se connaître et donc connaître l'instrument de savoir, avoir le bonheur de la conscience. On se rapproche du bienheureux, ou du vivant en nous et donc de nos limites en ayant conscience d'être conscient de nos limites.
La conscience c'est être conscient de sa 'conscience de' qui implique une forme de dépendance. L'état de conscience n'est pas à confondre avec la conscience. Je peux avoir la liberté de quelque chose, je peux avoir l'amour de quelqu'un tout comme je peux avoir la conscience de quelque chose, mais ce n'est pas pour cela que je suis libre, que je suis amour ou que je suis conscient. Ne mélangeons pas l'objet et le sujet. La vie (sujet) ne se voit pas, mais il y a des manifestations de vies (objet) que nous traversons. Rappelons-nous que l'essentiel est invisible. Comment être la liberté quand il n'y a rien d'autre et pourtant choisir d'avoir la liberté de se contraindre, de se complexifier la vie. La conscience de quelque chose peut m'être enlevée, la conscience pure ne peut pas m'être enlevée.
Je suis la vie, nous dit Jésus. Le Bienheureux n'a pas d'autres corps que le nôtre pour aimer. La conscience pure est consciente à travers notre cerveau. 'Si tu savais le don de Dieu', nous est-il dit.
Nous avons le choix du don de vie et d'être dans une vie d'amour.

L'amour est dans le cœur qui aime, mais n'est pas dans le cœur qui a soif. La Samaritaine, en quête de la paix de la psyché, en est l'archétype. Après sa rencontre avec Jésus au puits de Jacob elle comprend que les eaux ne désaltèrent pas mais que la source désaltère. 'Celui qui boira l'eau que Je lui donnerai n'aura plus jamais soif', lui dit Jésus. Il rappelle à la Samaritaine que c'est dans le souffle et la vigilance, aujourd'hui on dirait dans la conscience et la vérité qu'elle trouvera la puissance d'aimer. Dans (l)sa source là où il y a l'Être qui est. Et la Samaritaine de Lui répondre que ceci se fera lorsque le Messie viendra, ce à quoi Jésus répond : 'Je suis est là'. Et à cet instant la Samaritaine comprend ce qu'est sa source. Elle arrête de faire de sa religion une idole et retourne chez son 6ème mari car elle n'est plus en soif d'amour, elle se reconnaît aimante dans le don de l'amour.

Dieu n'est pas la réponse à nos questions, il nous questionne sur nos réponses.
L'être relié à la source c'est l'être qui s'ouvre, qui s'ouvre en conscience à ce qui lui arrive et ne s'arrête plus à la manifestation du bonheur d'être aimé (pour prendre cet exemple) mais qui vit le bonheur dans l'instant. Il est celui qui laisse être ce qui est. Le nirvana, dans le bouddhisme n'est pas autre chose.

Toute personne peut-elle connaître la vie de bienheureux?
Il y a la vie que l'on a et la vie que l'on est, il y a la vie absolue et la vie relative et c'est effectivement une même vie, mais l'Homme est plus grand que ses symptômes.
S'identifie-t-il à une vie 'arrêtée' ou à une vie 'en marche'...... de commencement en commencement il n'y a jamais de fin et Thérèse de Lisieux de dire : 'je ne meurs pas, j'entre dans la vie', car c'est l'illusion qui meurt et le corps qui se transforme.
En marche, voilà la vraie vie.....'Va, vers.....' dira le Seigneur à Abraham, à Moïse et à d'autres, marche en ma présence et deviens accompli, c'est-à-dire que c'est en marchant que l'on découvre qui l'on est.
'Va', toute la pensée messianique sur un timbre-poste !

Être bienheureux est une pratique et cela s'exerce. Moïse, après avoir connu l'expérience du buisson ardent et avoir ramené les Hébreux d'Egypte va escalader le Mont Horeb, ou Mont Sinaï, il y recevra les 10 exercices appelés aussi les 10 commandements ou les tables de la loi.
Il s'agit moins de contraintes du type 'tu dois' que d'une invitation à exercer et à vivre ces 10 préceptes. C'est peut-être une ordonnance du type : écoute Israël (ou tout humain), afin de te rendre heureux, exerce-toi à aimer qui tu es, et adhère à la réalité qui est.

  1. 1)'Je suis' rend libre, je suis celui qui libère de la servitude car nous sommes esclaves de notre inconscient, désir, mémoire, passé, symptôme, maladie etc... Je suis est rédempteur, libérateur.
  2. 2)Exerce-toi à ne pas te faire une image de dieux ou à mettre des idoles dans l'espace vide de représentations car images et idoles rendent aveugle. Va vers le silence, le silence de l'esprit à la rencontre de l'être qui est.
  3. 3)Ne pas donner sa liberté et vivre l'expérience du bonheur transcendant. Pas de prosternation, seul l'infini le mériterait. Ne pas relativiser l'absolu, ne pas absolutiser le relatif.
  4. 4)Il y a une justice, une loi de cause à effet. On ne peut pas faire n'importe quoi, tout ce qu'on fait a des conséquences, et tout est interdépendant. Ceux qui nient la présence de l'Être en subissent les conséquences. Il y a une justice, mais il y a aussi une miséricorde, une grâce.
  5. 5)Certains servent les écritures, d'autres s'en servent. Ne pas se servir du nom de Dieu pour asservir, pour affirmer sa propre puissance. La lettre tue, le souffle respire.
  6. 6)Le but de la vie n'est pas de faire ni d'avoir, mais d'être. L'homme n'est pas fait que pour travailler, souvenons-nous en et reconnaissons le 'Je suis' au cœur de notre être. Mettons la présence de l'être dans le faire.
    Arrêtons-nous pendant un jour de produire pour bénir ce que nous sommes, ce que nous produisons.
    Arrêtons aussi de travailler la terre sans lui laisser le temps de récupérer, elle a besoin de récupérer d'un trop plein de chimie.
  7. 7)Ne pas aimer, ne pas reconnaître ses parents c'est manquer de respect par rapport à sa lignée, c'est peut-être aussi oublier de différencier ses propres désirs de ceux de ses parents
  8. 8)Faire de moins en moins de mal, ne pas tuer... même une parole tue.
  9. 9)Ne pas se mentir à soi-même, ne pas se tromper de réel. Certains se disent fidèle (à qui ?), alors que dans le lit conjugal il y a un autre, un troisième présent en pensée. Être fidèle, c'est d'abord être persévérant, être fidèle à soi-même, ne pas se mentir.
  10. 10)Le bienheureux est dans la joie de l'honnêteté, la vérité est humilité. Arrêtons de vouloir avoir ce que l'autre a. Arrêtons de faire de l'autre un avoir.

Les Dix Commandements sont d'abord un 'tu peux aimer' plutôt qu'un 'tu ne peux pas' , peut-être que la musique de ce texte fondateur a été oubliée. En marche Israël, tu aimeras de tout ton cœur, de toutes tes forces, de tout ton être.

Bienheureux celui qui renaît à la vie, celui qui après un long chemin d'errance reconnaît l'être qui est. Pourrait-on dire qu'il ressuscite ? Que peut signifier ressuscité ? Après la montée du Golgotha et la Crucifixion, chemin de dépassement de soi en souffrance et en silence il y a une journée de silence (le samedi saint, mais aussi la journée du shabbat), et pour Marie Madeleine il y a la rencontre du vide du tombeau.
La résurrection, en grec anastasis, littéralement se poser dans la hauteur et donc rentrer dans une autre vie. Après l'errance, après s'être abandonné à l'amour du plus haut, tous nous pouvons mourir à notre ou une de nos histoires et ressusciter à la vie, distinguons l'historique du symbolique si profondément emmêlés.
Quant au Christ comme le dira St Paul :'il ressuscite dans son corps pneumatique, ce n'est ni un corps de chair ni un corps de sang mais un corps spirituel, un corps animé par l'esprit, par le souffle'. Lorsque Marie Madeleine voit (sans le voir...) le Christ sorti du tombeau et que celui-ci lui dit 'ne me retiens pas', elle lui demande encore 'mais comment je peux te voir', et le Christ de lui répondre que ce ne sera ni par une représentation psychique, ni par une vision spirituelle mais par le noos, cette fine pointe de l'âme, lorsqu'elle aura un psychisme silencieux, ce moment ou l'être a accès à une autre réalité. Cette rencontre dans une autre réalité est aussi celle transmise par les pèlerins d'Emmaüs qui dans un premier temps ne voient pas le Christ et qui ensuite dans un moment de foi Le voient mais déjà ils ne Le voient plus. De la même façon Jésus est apparu à des contemplatifs comme Thérèse d'Avilla, Séraphin de Sarov et d'autres.
« Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en Moi ne meurt jamais » ou l'affirmation de la vie sur la mort. Notre vie ressuscitée est tissée de ce que nous avons donné, de ce que nous avons abandonné et de ce que nous avons pardonné, ce que nous sommes est et restera dans cette forme plus subtile. Au cœur de ce que nous sommes il y a plus fort que la mort.

Nous sommes-nous posé la question de ce qu'est notre corps ? La réponse est-elle : des cellules, de l'eau, de la lumière, de l'information (créatrice)..... Au-delà de la masse corporelle et d'un cerveau qui ne peut penser par lui-même y a-t-il une animation, une âme, une présence de l'être, l'être dont le corps n'est qu'une représentation ? La résurrection serait-elle un passage de la matière à une autre réalité, la vitesse de la lumière ?

Ce que nous ne pouvons pas pardonner c'est ce que nous ne pardonnons pas à nous-même (dixit Dostoievsky), quant au coffre-fort, il ne pleure pas notre mort. Job, après avoir traversé tant de maux et avoir tout perdu, jusqu'à ses enfants, prend conscience que la vie est un don, et non pas un dû.
Si nous savions le don de Dieu.
Nous avons tout, nous sommes pleins de pleins, la bonne conscience ne nous manque pas mais ce qui nous manque c'est le manque, seul l'infini peut combler nos manques, et il nous faut être adulte pour l'assumer.
Heureux les pauvres d'esprit disent les Béatitudes, oui heureux ceux qui sont libres, ceux qui sont disponibles, ceux qui sont dans le temps présent. Il nous manque le don d'amour, aimer sans raison et sans pourquoi comme la rose qui fleurit sans pourquoi (Angelus Silesius).

L'homme est né libre, bien qu'il ne soit pas libre de...
Pascal disait : 'Dans les évangiles il y a tout pour douter, et il y a tout pour croire', c'est-à-dire que l'homme n'est pas dispensé d'être libre, libre dans son interprétation. Et ceci sera nécessaire à l'étude des Béatitudes car ce texte pensé en hébreux et écrit en grec doit peut-être se lire dans un souffle de vie, au grand large et comme le dira Chouraqui 'en marche les humiliés du souffle'. En Chine le texte des Béatitudes est considéré comme un texte proche du Tao, discipline ou philosophie de vie qui met le vivant, l'homme en marche dans le respect, dans l'amour de la nature.

Les Béatitudes et les douceurs qu'elles nous apportent seront étudiées dans un prochain texte.
Retenons déjà toute l'importance de marcher doucement sur la terre, car cette terre se donne à nos pieds, disent les Indiens Hopi. Que chacun fasse ce qu'il a à faire, mais faisons le plus doucement. Non pas plus lentement, mais plus doucement et avec conscience. La douceur c'est aussi la vertu de l'accueil, donner à l'autre le droit d'exister.

La Bible n'est pas faite pour juger les autres, mais pour se connaître soi-même, sentons le regard du Christ posé sur nous avec vérité et avec amour. Regardons à partir de notre cœur, sans attraction, sans répulsion, sans indifférence et voyons l'autre pour ce qu'il est. Que je l'aime, ou ne l'aime pas ou même qu'il me révulse, avec le cœur 'tout est pur pour celui qui est pur' (St Paul). Ce n'est pas l'autre qui est impur, c'est mon regard, mon cœur qui est impur, ou souillé.

Les Béatitudes et leur interprétation apparaîtront sur le site universel des pèlerins prochainement, Vivez ce don, sentez ce don présent dans le souffle et ouvrez votre cœur qui comme un soleil se donne et rayonne autour de vous.


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