L'invocation

 

Le pèlerin est en mouvement, et en même temps il est au repos, en lui résonne l'invocation qui ramène de la dispersion vers l'unité.
Le pèlerin marche centré dans l'invocation du nom, l'invocation est une simple parole, une prière monologique qui ramène vers l'essentiel.
Souviens-toi de qui tu es, souviens-toi où va la vie.
N'invoquons pas n'importe quel nom, car le nom est une présence et l'on devient celui que l'on invoque – invoquer le nom de Jésus c'est aussi relier le ciel et la terre.
L'invocation est un son ou un murmure, un chant intérieur qui nourrit le pèlerin. C'est un moyen de ne pas oublier qui 'je suis'.

Des invocations, il y en a beaucoup et dans toutes les traditions. Pensons aux mantras des Bouddhistes, aux dhikr des Musulmans et à l'invocation chez les Chrétiens.
Citons quelque unes des invocations les plus connues.

Kyrie Eleison
Seigneur Jésus-christ, fils de Dieu, ayez pitié de moi, pauvre pêcheur
Notre Père, qui êtes aux cieux
Viens Esprit-Saint
Jaweh (se prononce sur la respiration, 'Ja' à l'inspire, 'weh' à l'expire)
A'oun d'ouashmaya (Notre Père en araméen)

Aum Namah Shivaya
Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare
Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare
Soham (se prononce 'ham' à l'expiration, et 'So' à l'inspire)
Om Mani Padme Hum

En solitaire ou en groupe, à voix haute ou en silence intérieure..... l'invocation est plutôt une prière intérieure, solitaire qui se répète sans cesse. Ce n'est pas le nombre de répétitions qui importent, il peut y en avoir 100 ou 1000, mais la joie intérieure ressentie, et transmise imperceptiblement vers l'entourage.

Arrivé au bout du chemin, à la terre promise – la Jérusalem terrestre- le pèlerinage se termine, à moins que nous ne soyons qu'au commencement.......une fois le pèlerinage extérieur terminé commence le pèlerinage intérieur vers la Jérusalem céleste, l'invocation fait dorénavant partie de notre vie.

« Celui qui monte ne s'arrête jamais d'aller de commencement en commencement par des commencements qui n'ont jamais de fin. Grégoire de Nysse »

Jacques 2010

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Jésus disait :
 « Si l'on vous interroge : quel est le signe de votre Père qui est en vous ? Dites-leur :
C'est un mouvement et un repos. »
(Evangile de Thomas, log. 50, trad. JYLeloup)

Mont St Michel

Myriam de Magdala disait :
« ... Désormais je vais vers le Repos où le temps se repose dans l'Eternité du temps.
Je vais au Silence. »
(Evangile de Marie, trad. JYLeloup)

 

 

« Va ! », « En marche... ! » : ces paroles de Jésus-Christ, l'Enseigneur, replacent l'être humain dans sa vocation de pèlerin en marche vers le mystère d'une Présence qui l'engendre instant après instant dans les profondeurs de son cœur...

« Va ! », « En marche... ! » mais aussi « assieds-toi !... » Comment marcher dans le Silence, « assis » profondément dans son corps, dans son cœur, adorant le Père dans le Souffle et la Vigilance ? Comment s'asseoir dans le Silence, « marchant » doucement sur la terre du retour vers la Source de « tout ce qui vit et respire » ? N'y a-t-il pas là un chemin possible d'unification des contraires qui nous permet de tenir ensemble action et contemplation, mouvement et repos, parole et silence ?

Entrer dans ce chemin, c'est apprendre à intégrer et à relier dans le cœur de l'Homme tous les règnes et tous les mondes ; c'est apprendre à ouvrir tous les corps de notre matière exilée au vent de l'Esprit pour rendre à Dieu ce qui a toujours été à Dieu ; c'est apprendre à prier... Nous sommes appelés à devenir prière, prière incarnée pour notre bien-être et le bien-être de tous...

Evèque Martin

 

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