Les étapes du chemin
L'archétype du pèlerin, et les étapes du pèlerinage,
Comment le pèlerin, et l'archétype du pèlerin, vit-il les étapes du chemin?
Il y a le Pèlerin russe ou Ramdass plus proche de nous qui connurent les traversées des mondes intermédiaires de la psyché, et bien avant eux il y eut Myriam de Magdala qui connut l'errance avant de retrouver son orient près de Jésus.
Sur le chemin du pèlerin il y a 8 étapes :
7 étapes pour la 'création' et 1 étape pour 'l'accomplissement'.
1ière étape : l'ornière avant le chemin :
l'impasse dans laquelle le pèlerin qui n'est pas encore pèlerin s'enlise. Il tourne en rond et prend conscience que ça ne va pas, il est dans la répétition des mécanismes psychiques, celle-ci dans certains cas se vérifie sur plusieurs générations. De génération en génération nous répétons les mêmes choses, une même vie, les mêmes maladies. La répétition c'est la difficulté de sortir du schéma parental.
L'ornière c'est l'enfer, c'est l'impasse où nous enferme le connu. La famille ou une tradition, l'église ou la méditation peuvent être des ornières et nous empêcher d'avancer. La vie 'ronronne', une vie d'habitude et l'être se renferme sur lui-même.
2ième étape : le départ ou la sortie de la répétition :
sors de là, tu répètes toujours... Savoir ce que l'on répète ( les histoires de famille, d'hommes et de femmes...) permet de nous rapprocher d'Abraham a qui le Seigneur demande de quitter sa parenté, de quitter son pays. Ce qui signifie qu'il y a une sortie, une sortie en dehors de la norme, une sortie des habitudes.
Myriam de Magdala a connu l'enfermement et la répétition, elle était pécheresse. La rencontre avec Jesouah lui a fait changer d'habitudes Aussi longtemps que nous ne faisons pas un pas de plus, que nous ne changeons pas d'habitudes, nous répétons.
Changer d'habitudes passe parfois par l'étouffement, la révolte, la réaction.
Quitter sa parenté, quitter son pays c'est sortir du connu, sortir de l'image dans laquelle on s'est enfermée. Quitter c'est répondre à l'appel, l'appel au large, l'appel au voyage.
Partir et trouver le nouveau souffle.
3ième étape : l'errance :
partir ce n'est pas avoir trouvé son chemin, mais chercher ce qui pourrait donner sens et orientation à notre marche. Avant d'être pèlerin on erre, avant de se trouver il faut se perdre. Rappelons-nous la parabole du Fils prodigue qui s'est dispersé sur son chemin. Les dispersions, les impasses, l'errance nous permettent de découvrir le chemin, et de trouver notre cœur, notre orientation intérieure.
Le touriste spirituel ne sort pas de l'errance.
4ième étape : le retour ou la metanoia :
revenir à soi-même, revenir à sa nature véritable, revenir à l'essentiel. Il ne s'agit pas d'un retour en arrière, mais de se centrer. Le grand retour est le moment de la conversion, la découverte du cœur ou le Graal d'une nouvelle conscience. Moment de pénitence (du latin penitentia qui signifie : retour de ce qui est contraire à la nature vers ce qui lui est propre, revenir à soi-même.).
Après l'errance dans le désir désorienté il y a le désir qui cherche son Orient.
5ième étape :
le chemin, marcher sur le chemin en Sa présence.
Jésus ne dit-il pas « Je suis le chemin ».
Marcher en présence, avec le cœur aux côtés de l'Enseigneur qui redresse ceux qui sont tombés et qui les remet 'en marche'. En marche vous qui avez peur, vous traverserez la peur. 'Marche en Ma présence, et sois accompli' dira Dieu à Abraham.
6ième étape : le passage ou la Pâque.
Le chemin devient un chemin de croix, aucun pèlerin ne fait l'économie de la fatigue, de la souffrance, de l'absurde. Il s'agit de passer à travers, de traverser le vide, l'errance, l'injustice, la maladie..... Le pèlerin est passant, le pèlerin est pascal et traverse la souffrance physique, psychique, spirituelle.
Marie de Magdala aussi connaît l'épreuve, elle rencontre le vide en allant au tombeau du Christ qu'elle retrouve vide. Il lui est demandé de passer au-delà : « ne me retiens pas » lui dira Jésus lorsqu'Il lui apparaît.
Le chemin nous fait passer de cette vie mortelle à l'essence même de la vie : la Pâque.
7ième étape : le chemin sans chemin, le chemin après le passage.
La Présence s'est intériorisée et le pèlerin marchera sans présence, sans ego, en Sa présence. Celui qui marchait devant est désormais 'au-dedans'.
Myriam de Magdala est sur le chemin sans chemin, 'la marche sur l'eau', par l'invocation de son Nom elle vit en Sa Présence ressuscitée, immatérielle...
Marie de Magdala est dans la légèreté et sans ego, ce qui est le chemin du pèlerin.
8ième étape : l'accomplissement, le voyage de l'âme vers le silence, vers le repos.
L'âme voyage à travers les mondes intermédiaires, à travers les climats, avant d'arriver au climat sans climat, dans la présence de la pure présence.
Myriam de Magdala continue son chemin, elle est l'archétype du pèlerin qui cesse de s'identifier au connu. Elle va vers l'Ultime, sans peur de l'inconnu.
Aller là, d'où l'on vient.
Le pèlerin est en chemin, il marche sans peur de l'inconnu, sans peur de l'errance et fidèle au désir d'avancer jusqu'à la rencontre de son orient, de son centre. Que de Pâques à traverser sur ce chemin infini, que de mondes à traverser avant d'arriver au clair silence.
Espace au-delà des connaissances lorsque le non-savoir est au-delà du savoir.
Jacques 2010